[Mobilité] Question écrite au Ministre Philippe Henry sur l’avenir de la ligne 125A joignant Liège à Flémalle Haute

La ligne 125 A est une ligne de chemin de fer située en rive droite de la Meuse qui fait la liaison entre la gare de Liège-Guillemins et la gare de Flémalle-Haute.

Jadis utilisée pour le transport de marchandises, elle sert à présent au transport de passagers. Réouverte en juin 2018, elle fait le bonheur de nombreux citoyens qui optent désormais pour le train au lieu d’utiliser leur voiture pour se rendre en cité ardente. En partant de Liège, le train fait arrêt à Angleur, Ougrée, Seraing-Centre et traverse la Meuse à hauteur des anciennes cristalleries du Val Saint-Lambert avant d’arriver à la gare de Flémalle-Haute. Deux arrêts supplémentaires pourraient permettre d’attirer une nouvelle clientèle : l’un à proximité du futur « Crystal Parc » (anciennes cristalleries du Val Saint-Lambert) et l’autre dans le périmètre du projet « Flémalle-Neuve », un complexe de 3 ha avec du logement, une zone de développement économique, une école, ainsi qu’un parking de délestage si l’arrêt de train est créé.

La SNCB estime inopportun de concevoir deux arrêts aussi proches l’un de l’autre. Or, les sites précités possèdent les arguments utiles pour revendiquer cet arrêt. Pour pouvoir faire un choix, l’aide d’un bureau spécialisé en questions ferroviaires apportera certainement un éclairage utile pour déterminer le site le plus judicieux pour l’emplacement du futur arrêt.

Dans ce sens, d’un commun accord, les Communes de Flémalle et de Seraing ont désigné la régie communale autonome « Eriges » comme maître d’ouvrage pour rédiger un cahier de charges adéquat, mais aussi pour lancer une procédure de marché public.

Les communes concernées ont-elles pris contact avec les services de Monsieur le Ministre afin que la Wallonie puisse se positionner sur le dossier ?

Dans le but d’approfondir la réflexion, pourrait-il solliciter la cellule ferroviaire du SPW afin qu’elle puisse rendre un avis sur les résultats de l’étude qui aura été menée par le bureau d’étude spécialisé ?

[Education] Débat sur le numérique dans l’enseignement

L’omniprésence du numérique dans notre société n’est plus à démontrer: ordinateurs, tablettes et téléphones font partie de notre quotidien, et sans doute encore davantage de celui de nos enfants. Face à cette évolution, l’école se doit d’accompagner les jeunes. Elle doit leur fournir les outils nécessaires afin qu’ils s’emparent du numérique et l’utilisent à bon escient, en ayant conscience des conséquences de leurs actes. Je pense particulièrement au partage de données sur les réseaux sociaux et aux dérives qui font régulièrement l’objet de discussions dans notre Assemblée. Nous devons aborder deux aspects du numérique: le numérique comme apprentissage et le numérique comme outil pédagogique. Premièrement, l’apprentissage du numérique doit être approfondi afin d’ouvrir des perspectives plutôt que d’en fermer. Deuxièmement, nous devons utiliser le numérique comme outil pédagogique afin de rendre notre enseignement plus efficace. Un encadrement est alors nécessaire pour éviter une aggravation de la fracture numérique. Ces dernières années, la Fédération WallonieBruxelles s’est montrée proactive sur cette question. Une stratégie numérique pour l’éducation a été élaborée durant la législature précédente, dans le but d’obtenir une vision transversale de la transition numérique en cours dans notre enseignement. Il est essentiel de poursuivre le travail en ce sens, en adaptant la stratégie si nécessaire. Vous l’aurez compris, Madame la Ministre, nous devons «apprendre le numérique», mais aussi «apprendre par le numérique». C’est précisément ce que mon groupe défend depuis plusieurs années. Le numérique en tant qu’apprentissage constitue un savoir à part entière. L’instauration d’un tronc commun polytechnique ainsi que la réécriture des référentiels doivent permettre de mieux appréhender le tournant numérique et d’ouvrir de nouveaux horizons à nos élèves. Nous devons notamment les informer sur les nouveaux métiers qui apparaissent, à l’heure où l’on parle de plus en plus d’intelligence artificielle et de robotique, deux domaines dans lesquels la maîtrise des suites d’algorithmes est fondamentale. Personne ne peut nier aujourd’hui que ces technologies seront toujours plus présentes dans la société, au point de prendre le pas sur certains métiers, pas uniquement techniques. Je souhaite d’ailleurs souligner la nécessité de lutter contre les biais de genre. Le numérique ne doit pas être l’apanage d’une poignée de jeunes hommes. La manière dont seront rédigés les référentiels aura toute son importance. Après avoir considéré le numérique comme moyen d’apprentissage, il est essentiel de l’apprécier en tant qu’outil pédagogique. L’usage du numérique ne doit pas être une fin en soi; ce n’est qu’un outil parmi d’autres. Son apport pédagogique doit être constamment évalué. Plusieurs études et rapports font état des effets négatifs que génère l’introduction irréfléchie du numérique dans les classes. Ces effets sont aussi bien d’ordre sanitaire que pédagogique. Si les parents sont régulièrement mis en garde quant à l’exposition prolongée aux écrans, il est inimaginable que les écoles n’y soient pas attentives elles aussi. Il conviendra donc d’éviter les abus dans ce domaine. L’écriture, les manipulations, les sorties, les études de milieu sont autant de pratiques qui éveillent et font partie des apprentissages. Ce n’est pas parce que le numérique est partout dans la société qu’il doit être partout à l’école. Plutôt que de le considérer comme un outil miracle, nous devons envisager le numérique comme un moyen complémentaire aux méthodes traditionnelles d’enseignement. L’introduction du numérique ne signifie certainement pas la disparition des livres et des bibliothèques. Loin d’être un gadget, le numérique à l’école permet de s’adapter aux réalités du monde qui nous entoure et de diversifier les modes d’apprentissage. Il enrichit la palette des ressources au service des apprentissages et augmente la variété des usages pédagogiques parmi toutes les options déjà à disposition de l’enseignant. Son utilisation présente de nombreuses plus-values pour les enseignants, les élèves et leur famille. Il serait, par exemple, intéressant d’aborder le codage en faisant le lien avec la pensée mathématique, la résolution de problèmes ou encore le langage binaire. Pour beaucoup, le matériel numérique se limite au tableau blanc interactif, à la tablette et à l’ordinateur. Or, il ne faut pas négliger le potentiel des outils éducatifs que sont les robots programmables par blocs de codage, tels que Thymio, les robots suiveurs de lignes, comme Ozobot Bit, ou encore l’ordinateur à cartes micro:bit. Avec ces outils, l’enfant peut coder par blocs, par texte ou simplement lire ou écrire le comportement du robot. Depuis, plusieurs années maintenant, des investissements sont faits dans les écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles afin de fournir aux équipes pédagogiques des outils numériques visant à améliorer l’apprentissage de nos élèves. La Déclaration de politique communautaire (DPC) prévoit d’ailleurs un renforcement des collaborations avec les Régions, notamment dans le cadre de la formation en alternance et de l’enseignement qualifiant. Pourriez-vous, Madame la Ministre, dresser un état des lieux des collaborations en cours avec les Régions dans le cadre du développement du numérique? Les investissements publics doivent être multipliés, car ils permettent d’offrir équitablement des outils numériques à l’ensemble des élèves. Dans le cadre de la transition numérique, il est primordial de veiller, d’une part, à ne pas accroître la fracture numérique et, d’autre part, à ne pas augmenter les factures des familles. Même si les aides existent, toute disparité entre élèves entraîne des stigmatisations. Les frais scolaires doivent donc faire l’objet d’un contrôle. Nous savons que le renforcement du contrôle des demandes faites aux familles et l’extension de la gratuité font partie de vos priorités, Madame la Ministre. Par ailleurs, il me semble indispensable de rester attentif à l’intrusion des sociétés marchandes dans les établissements de la Fédération Wallonie-Bruxelles. La commission du Pacte scolaire a-t-elle déjà été saisie au sujet de l’intrusion dans les écoles de sociétés commerciales en lien avec le développement du numérique? Il en était encore question dans les médias cette semaine. Enfin, la formation des acteurs de terrain est indispensable afin de tirer un profit pédagogique maximal de la transition numérique. Bien que je sois favorable à l’usage des nouvelles technologies dans les écoles, il serait dommageable de ne pas permettre à tous les élèves une utilisation du numérique, de ne pas coordonner les enseignements se succédant dans une même classe ou encore de voir, dans une même année d’étude, certains enfants disposer de ces outils et d’autres pas. Madame la Ministre, pourriez-vous dresser un état des lieux des formations existantes? La future formation initiale des enseignants intègre-t-elle un volet numérique?

Mme Caroline Désir, ministre de l’Éducation. – Je partage l’avis de Mme Schyns lorsqu’elle estime que nous n’avons pas intérêt à polariser ce débat. Il s’agit d’un problème complexe et, comme tout problème complexe, il convient de l’aborder avec nuance. En préambule, je vous dirai que l’école fonctionne un peu comme la société et que le numérique à l’école ressemble au numérique dans la société: il peut mener au meilleur comme au pire. D’un côté, cet outil ouvre comme jamais le champ des possibles en termes d’accès au savoir et de progrès; de l’autre côté, il est une porte ouverte à de multiples dérives possibles en termes d’inégalité, de santé, de sécurité et d’environnement. Le débat d’aujourd’hui ne doit pas avoir pour but de déterminer notre position pour ou contre les technologies numériques, mais bien de savoir comment permettre aux écoles d’en tirer le meilleur tout en protégeant les élèves des dérives potentielles. L’enjeu du numérique concerne tous les acteurs de la société, que l’on soit parent, travailleur, citoyen ou apprenant. Il est essentiel que l’enseignement adapte progressivement ses pratiques et ne rate pas le tournant du numérique. L’introduction d’outils numériques dans les écoles apparaît ainsi comme une nécessité, mais elle ne peut s’envisager sans penser les contenus d’apprentissage, la formation des enseignants, l’accompagnement pédagogique ou le soutien technique à apporter aux écoles. À cet égard, la Fédération Wallonie-Bruxelles est confrontée à plusieurs difficultés; l’analyse des résultats des tests PISA de 2015 montre qu’en Fédération Wallonie-Bruxelles, la part des élèves qui n’utilisent jamais internet à l’école est parmi les plus élevées de l’OCDE, puisqu’elle s’élève à 55 %, contre 25 % en moyenne dans les pays de l’OCDE. Selon les estimations, 46 % des enseignants n’auraient jamais suivi de formation à l’usage pédagogique des outils numériques. Seulement 27 % des enseignants disent se sentir à même d’utiliser les TIC dans le cadre des activités d’apprentissage; ils ne sont que 2 % à se déclarer experts dans ce domaine. Enfin, seuls 36 % des enseignants ont le sentiment d’avoir une connaissance suffisante des outils numériques. La stratégie numérique pour l’éducation a été adoptée le 10 octobre 2018 par le gouvernement de la Fédération WallonieBruxelles et elle constitue un élément essentiel du Pacte pour un enseignement d’excellence. Cette stratégie présente une vision intégrée de la transition numérique dans l’enseignement obligatoire de la Fédération. Elle insiste sur l’importance de développer le numérique, c’est-à-dire les compétences des élèves, la formation et l’accompagnement des équipes éducatives, l’équipement dans les classes, les ressources numériques et la gouvernance numérique des écoles et du système éducatif. Cette stratégie numérique recouvre donc plusieurs axes et finalités. La première finalité est le déploiement d’une approche transversale au cœur du tronc commun à travers les nouveaux référentiels, en particulier le référentiel «Applications technologiques, manuelles et numériques» (ATMN). La deuxième finalité et le soutien aux directions et aux enseignants à travers la formation initiale et continuée. Vous avez été nombreux à le souligner, il s’agit de l’une des clés de la réussite du dispositif. À ce titre, il faudra définir la place du numérique au sein des thèmes prioritaires de formation et concevoir des modules de formation en ligne. La troisième finalité est le développement du numérique comme outil de remédiation ou d’aide aux apprentissages pour les enfants à besoins spécifiques. Prenons l’exemple bien connu de l’utilisation de l’ordinateur ou d’une tablette pour des élèves dysgraphiques, dysorthographiques ou dyspraxiques. Quatrièmement, un investissement accru dans l’équipement numérique et dans l’accompagnement technopédagogique, en collaboration avec les régions. Un financement de 40 conseillers technopédagogiques, actifs depuis les fédérations de pouvoirs organisateurs, a déjà été opéré. Pour répondre directement à votre question, Madame Schyns, il y a bien une volonté de mettre en place le CINE, mais aussi d’élargir sa composition aux régions vu leur implication en termes d’équipement. Nous devrons donc procéder prochainement à une légère modification du décret. En guise de cinquième axe, la stratégie numérique prévoit un meilleur partage des ressources numériques à travers le projet «e-classe». Ce projet offre de nombreuses possibilités en termes de partage de ressources pour les enseignants, dans l’objectif d’augmenter toujours les ressources mises à disposition et de faire monter le dispositif en puissance. Sixièmement, une réforme de la gouvernance numérique sera menée, avec trois ambitions: tout d’abord, développer des espaces numériques au service des utilisateurs que sont les enseignants, les élèves, les directions, les pouvoirs organisateurs et les fédérations de pouvoirs organisateurs. Ce point répond en partie à vos questions, Madame Cortisse. Ensuite, il conviendra d’alléger la charge administrative en optimisant les processus de transmission et de gestion des informations des établissements. Un travail important doit être effectué à ce sujet. Enfin, les échanges d’informations devront être sécurisés et les données à caractère personnel strictement protégées. Parce qu’elles favorisent et permettent la transmission des données et informations, les technologies doivent être conçues à partir d’un cadre qui protège la vie privée. J’en viens aux questions qui sont en lien avec le codage, posées par M. Léonard, Mme de Coster-Bauchau et Mme Schyns. L’apprentissage au codage est prévu dans le projet de référentiel ATMN et fera partie du futur tronc commun. Le projet de référentiel est en cours de finalisation et devra encore être validé par le Parlement et le gouvernement. Nous en rediscuterons donc dans cet hémicycle! L’apprentissage du codage est principalement prévu en deuxième année de l’enseignement secondaire, dans le volet «Culture numérique», ce qui répond en partie à votre crainte, Madame Maison, que l’initiation au codage intervient de manière trop précoce. Il s’agira par exemple d’expliquer que tout outil numérique est basé sur CRI No11 (2019-2020) ( 28 ) le principe du codage binaire. Cela démontre l’importance du codage et du numérique dans la formation générale des élèves. Le numérique sera par ailleurs intégré de façon transversale dans les apprentissages prévus dans le tronc commun, et ce, en veillant évidemment à respecter le rythme des élèves et à garantir un équilibre entre les différents types d’apprentissages. Les autres référentiels seront donc concernés de près ou de loin par le numérique. Beaucoup de questions m’ont été posées quant à l’éducation aux médias et, de manière générale, d’éducation à l’esprit critique, notamment par M. Soiresse. Notre DPC prévoit que le CSEM soit associé aux travaux du Pacte: Mme Linard et moi-même travaillons ensemble pour former nos élèves à une éducation solide et critique aux médias et au décodage de l’information avec une attention particulière accordée aux nouveaux supports tels que les réseaux sociaux. Différentes questions m’ont été posées, notamment par vous, Monsieur Kerckhofs, concernant le projet EducIT. Vous souhaitez connaître mon avis à ce sujet. La stratégie numérique prévoit de mettre en place un équipement minimal, notamment en termes de connectivité pour toutes les écoles et de donner la possibilité à chaque école d’opter pour l’équipement complémentaire qui correspond le mieux à son propre projet pédagogique (une ou plusieurs tablettes, modèle oneto-one, un tableau interactif…). On va donc laisser en partie le choix aux établissements scolaires. À côté de cela, il existe d’autres initiatives privées dans les écoles, dont le projet EducIT qui est implanté dans quatre écoles à ce jour. Cette initiative n’émane pas de la Fédération Wallonie-Bruxelles, elle repose sur le modèle one-to-one (un enfant, un ordinateur, une tablette) qui a l’occasion d’être testé pour la première fois en Fédération Wallonie-Bruxelles. C’est un des aspects intéressants du projet, mais ce n’était pas au départ l’optique de la Fédération. Il en va de même du modèle d’accompagnement que le projet permet de tester. Étant donné qu’une évaluation de l’expérience est prévue par la Fondation Roi Baudouin, nous prêterons une attention particulière aux effets pédagogiques mis en évidence, comme j’ai eu l’occasion de le dire en interview lorsque la presse m’a interrogée à ce sujet. Au-delà de cet intérêt potentiel sur le plan pédagogique, nous restons très prudents par rapport à certaines modalités du projet, dont le respect des règles de marché public, le respect des règles de protection des données des élèves et des équipes pédagogiques, ainsi que le respect de l’autonomie pédagogique des écoles et le coût à charge des parents ou encore la liberté de choix du matériel et de ses composantes. À cet égard, j’en profite pour répondre à une question posée par M. Léonard qui souhaitait savoir si la commission du Pacte a été saisie ou non d’une demande relative à l’intrusion de compagnies du numérique dans les écoles. Non! À ce stade, la commission du Pacte n’a pas été saisie d’une plainte de ce type. En ce qui concerne la coopération avec les Régions et le financement des équipements, comme je le disais il y a quelques instants, on a prévu un équipement minimal et un équipement spécifique ou complémentaire pour les écoles pour éduquer au numérique et par le numérique. Mais il est évident que cela aura un coût. Depuis de nombreuses années, des collaborations existent entre la Fédération WallonieBruxelles, la Région wallonne et la Région de Bruxelles-Capitale sur cette thématique. J’ai relancé la discussion avec ces deux entités afin que nous tirions le meilleur de nos approches respectives. Les deux Régions n’ont pas adopté les mêmes stratégies: alors que la Région de Bruxelles-Capitale mise sur la connectivité en équipant toutes les écoles secondaires et, à terme, les écoles fondamentales d’une connexion haut débit, la Région wallonne a choisi de renforcer son équipement numérique. L’implication de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans la discussion pourrait permettre de développer des approches communes. Les contacts avec les deux entités se poursuivront dans les prochains mois, dans le but de coordonner au mieux nos actions sur le long terme. La priorité de la Fédération WallonieBruxelles est claire: fournir un équipement numérique de base et une connexion adaptée à toutes les écoles francophones, tout en offrant l’accompagnement et la formation nécessaires. L’Union européenne a estimé que l’approche de la Fédération Wallonie-Bruxelles était fondamentale. C’est pourquoi elle a décidé de soutenir notre ministère dans l’organisation d’une série de séminaires sur l’équipement et la formation des enseignants. Y participeront des acteurs de l’enseignement et des experts venus de différents pays européens. Je resterai attentive aux opportunités de financement qui se présenteront par le biais des fonds structurels européens. J’en viens à vos questions sur la participation financière des parents. Il est impensable de faire reposer sur les familles le poids financier de l’équipement numérique. Ce dernier ne peut générer des inégalités scolaires supplémentaires. L’accessibilité du numérique pour tous les élèves constitue donc un objectif en soi. Nous n’allons certainement pas alourdir la charge qui pèse sur les parents alors que nous travaillons par ailleurs à la gratuité de l’école. Si des différences de traitement existent entre les écoles des Régions wallonne et de Région de Bruxelles-Capitale, la Fédération WallonieBruxelles accuse également un retard par rapport à la Flandre. Afin d’œuvrer à une plus grande équité entre tous les élèves francophones, nous souhaitons collaborer avec la Région de BruxellesCapitale. J’ai donc pris contact avec Bernard Clerfayt, le ministre bruxellois de la Transition numérique. Ensemble, nous voudrions développer à Bruxelles un programme équivalent à l’appel à projets «École numérique», lancé en Wallonie. En réponse à votre question sur un appel à projets pour la remédiation numérique, Madame de Coster-Bauchau, je rappelle que la remédiation occupe une place primordiale dans les travaux du Pacte pour un enseignement d’excellence. Le Pacte modifie l’approche pédagogique en profondeur, en généralisant un enseignement fondé sur un dispositif d’accompagnement personnalisé. Cette approche change le statut de la remédiation: elle, qui revêtait jusqu’ici un caractère subsidiaire, devient une phase essentielle dans l’apprentissage des élèves et les activités pédagogiques. Il est ainsi prévu d’inscrire deux périodes consacrées à la remédiation dans la grille horaire des élèves. Plusieurs ingrédients sont nécessaires afin de construire une remédiation efficace: l’adaptation de la formation initiale et continue des enseignants, la mobilisation des équipes éducatives, des parents et des partenaires de l’école autour d’une approche pédagogique cohérente et le développement de bonnes pratiques permettant de déceler les difficultés et les besoins spécifiques des élèves. Une réflexion sur les supports de la remédiation aura toute son importance et le numérique a un rôle à jouer à cet égard. Un appel à projets n’est actuellement pas nécessaire, car les expériences pilotes sont déjà en cours. Certains ont été lancés cette année, d’autres le seront l’année prochaine. Elles permettront d’identifier les pratiques pédagogiques les plus efficaces pour franchir les obstacles à l’apprentissage scolaire. De nombreuses écoles prennent part à ce projet pilote, dont 85 dans l’enseignement primaire. L’objectif pour 2021 est de choisir les dispositifs les plus pertinents et de les généraliser lors de la mise en œuvre du tronc commun. Dans ce cadre, une équipe de recherche travaille spécifiquement sur l’accompagnement à l’utilisation des outils numériques. Cet aspect fait partie intégrante du projet pilote. Il n’existe pas d’individualisation systématique de l’enseignement dans cette approche. Il arrive néanmoins que l’accompagnement soit plus personnalisé, à raison de deux heures par semaine, dans le but de remédier aux difficultés d’apprentissage, et non pas de faire en sorte que l’enseignement ne soit plus le même pour chaque élève. La stratégie numérique prévoit que les compétences numériques occupent une place plus importante qu’auparavant dans le curriculum commun de tous les élèves. Il s’agit d’intégrer le numérique en tant qu’objet d’apprentissage (l’éducation au numérique), mais aussi comme support pour d’autres disciplines. En outre, compte tenu de l’importance prise par les nouvelles technologies dans l’ensemble des procédés de production, le numérique jouera un rôle essentiel au sein du domaine d’apprentissage qui rassemble les mathématiques, les sciences, les compétences manuelles, techniques et technologiques, en sensibilisant les élèves aux sciences informatiques – notamment algorithmiques – dès le tronc commun. En ce qui concerne la sensibilisation des élèves aux questions environnementales et de sécurité, les travaux sur les compétences numériques se sont largement inspirés du DigComp 2.1. Ce référentiel établi par la Commission européenne explore les cinq aires de compétences numériques, dont une dédiée à la sécurité au sens large. Celleci consacre les risques et menaces en ligne, la prise de conscience des mesures de sûreté et de sécurité, la protection des données, les risques liés à l’utilisation de la technologie en termes de menace pour le bien-être physique et psychologique, ainsi que l’impact des TIC sur l’environnement. Le mot «sécurité» couvre donc l’ensemble des champs énumérés ici. Par ailleurs, la sécurité des données privées est clairement au cœur de la stratégie numérique pour l’éducation. Certaines actions visent notamment le renforcement du cadre de sécurité relatif au traitement des données à caractère personnel et à l’ensemble des informations, données informatiques et statistiques. Ces préoccupations sont également au cœur du décret du 25 avril 2019 relatif à la gouvernance numérique du système scolaire et à la transmission des données numériques dans l’enseignement obligatoire. À ma demande, le service général du numérique éducatif a rédigé un guide intitulé «Comprendre et appliquer le RGPD en classe: guide pratique». Ce document sera très prochainement mis à la disposition des membres du personnel de l’éducation. Il les informera sur les obligations qui les concernent à la suite de l’entrée en vigueur du règlement général sur la protection des données (RGPD), tout en leur apportant des recommandations, notamment grâce à une série de cas pratiques. Madame Maison, la nuance est nécessaire. Nous devons sans cesse approfondir nos connaissances dans ce domaine. Je n’ai pas lu les ouvrages auxquels vous avez fait référence, mais mes collaborateurs se renseignent et me tiennent informée. J’ai aussi lu certaines analyses parues dans la presse. Nous devons continuer à approfondir nos connaissances, car nous manquons encore de recul pour déterminer les conséquences de l’introduction du numérique dans l’éducation. Certains constats que vous avez soulevés doivent interpeller et être pris en compte. Cela me semble évident! Toutefois, certains de ces constats sont en partie contredits par d’autres. Par exemple, les pays membres de l’OCDE qui sont arrivés en tête du classement PISA 2018, comme l’Estonie, le Canada, la Finlande et l’Irlande, sont aussi les pays qui ont développé des stratégies ambitieuses d’intégration du numérique dans leur système éducatif. Il est nécessaire d’approfondir toutes ces questions. Le numérique fait aujourd’hui partie intégrante du quotidien de tout un chacun. L’école doit donc s’en saisir! L’avis n° 3 du Groupe central rappelle bien que le rôle de l’école est, entre autres, «de susciter et d’accompagner au mieux le développement des compétences nouvelles que la culture numérique induit, dépassant les considérations uniquement techniques et touchant également aux sphères sociale et informationnelle». Le temps passé par les enfants sur les dispositifs numériques est un phénomène très inquiétant. Un des principaux problèmes liés au numérique est le temps passé par les adolescents devant leur smartphone, pour faire tout et n’importe quoi. Seule l’éducation nous permettra d’y remédier. Les élèves ont besoin de soutien et d’orientation afin d’obtenir les compétences nécessaires à un usage sain des outils numériques. Nous devons par ailleurs rester attentifs aux résultats révélés par les études réalisées sur le temps d’exposition aux écrans. En effet, il ne faudrait pas que nous arrivions à ce que nous ne souhaitons pas, c’est-à-dire réduire la capacité de concentration des élèves et faire du numérique une source de difficulté supplémentaire dans l’apprentissage des élèves. Pour conclure, je reste très attentive à l’éducation à la déconnexion qu’a mentionnée M. Soiresse. Nous allons en effet devoir éduquer nos enfants à des moments de déconnexion. La stratégie numérique de l’enseignement ne doit pas avoir pour objectif de rendre les élèves 100 % connectés pour faire tout ce qu’il y a lieu de faire à l’école. Là aussi, nous allons devoir réfléchir au juste équilibre à trouver entre moments de connexion et de déconnexion.

M. Laurent Léonard (PS). – Madame la Ministre, on ne peut faire l’impasse sur le numérique. Il convient de se l’approprier et de le comprendre en tant qu’outil. Notre société est en mouvement et, qu’on le veuille ou non, nous ne pourrons le ralentir. Je voudrais nuancer certains propos excessifs. Nous avons beaucoup parlé des GAFAM et de la Silicon Valley et, bien entendu, il ne s’agit pas d’une vision transhumaniste! Le débat au sein de notre Parlement est tout autre. Monsieur Douette, vous avez évoqué des outils numériques qui sont la propriété du service public, de nos communes. Il existe des systèmes libres de droits et pas seulement des systèmes d’exploitation issus de grandes multinationales. Une fois de plus, je tiens à souligner les possibilités qu’offre le numérique, mais pas comme une fin en soi. C’est un outil pour des pratiques pédagogiques, pour le partage de ces pratiques, pour l’inclusion d’élèves à besoins spécifiques, comme les troubles de l’apprentissage. Dans certains cas, le numérique peut apporter une aide considérable. Je clôturerai mon intervention en rappelant qu’il ne faut probablement pas polariser le débat, mais plutôt nous accorder sur le fait que l’école, par rapport à certaines questions dont celle du numérique, ne doit pas simplement être le reflet de la société, mais doit en être le projet. En tant que parlementaires, nous en sommes les premiers garants.

Journée de commémoration des victimes de l’Holocauste

Aujourd’hui nous commémorons les 75 ans de la libération du camp d’Auschwitz.

« Plus jamais ça ! » n’est pas qu’un slogan. C’est un engagement, pris au lendemain de la Seconde guerre mondiale, suite à la découverte de l’horreur des camps. Cet engagement, nous nous devons de le tenir, nous souvenir et commémorer pour empêcher le passé de se reproduire. Les extrêmes n’apportent jamais de solution, les simplismes et les raccourcis ne mènent qu’à la haine et au repli sur soi.

👉Journée mondiale de lutte contre le SIDA👈

Zéro discrimination ! L’exclusion reste une réalité, pourtant, une personne séropositive ayant une charge virale indétectable grâce à son traitement ne transmet plus le VIH. Cette discrimination est le plus souvent liée à la désinformation et à la peur d’être infecté-e.

Le PS soutient celles et ceux qui ont été infectés ainsi que l’ensemble des membres d’associations qui travaillent au quotidien pour faire reculer la maladie.

[Presse] Fin de la gratuité pour les parkings de la Gare d'Ans

« L’accessibilité à la mobilité constitue un point essentiel de la politique wallonne qui s’est d’ailleurs engagée à investir davantage dans les zones urbaines qui favorisent le report modal, via notamment la réalisation d’infrastructures améliorant la vitesse commerciale des bus, la politique de stationnement et la politique cyclable. À la lumière de ces éléments, et au regard de cette décision unilatérale de la SCNB qui, dois-je le rappeler, est un service public, où se situe, la bonne coordination d’intérêt public ? ».

J’ai interrogé le Ministre de la Mobilité sur la décision de la SNCB de mettre fin à la gratuité des parkings de la gare, vous pouvez retrouver l’ensemble de mon interpellation ici.

Article paru dans La Meuse le 09 janvier 2020